Coup de gueule : l’article de Jocelyne Porcher pour Bastamag

Aujourd’hui, c’est un coup de gueule qui me pousse à écrire cet article.

Aujourd’hui, je vais vous parler de l’interview réalisé par Bastamag (site que je ne connaissais pas par ailleurs) de Jocelyne Porcher.

Mais qui est Jocelyne Porcher ? Jocelyne Porcher, ancienne agricultrice dans la production laitière de brebis et vente de fromages, est actuellement sociologue et zootechnicienne à l’INRA. Son travail ? Rechercher la relation établit entre l’homme et l’animal plus particulièrement le rapport entre l’agriculteur et les animaux d’élevage. Sa démarche première est la défense des petits agriculteurs et paysans face aux industriels et aux défenseurs de la cause animale. Oui, vous avez bien lu ! Elle défend une cause noble, c’est-à-dire la défenses des petits paysans face aux mastodontes industriels, pour une agriculture plus éthique et respectueuse (des animaux élévés en liberté et aimés par leurs propriétaires) tout en étant en opposition avec les défenseurs de la cause animale !
Vous allez donc me demander : pourquoi ? Et bien après avoir parcouru internet et lu beaucoup de choses à son sujet, je n’arrive toujours pas à comprendre clairement pourquoi… Mais avec l’article de Bastamag (à lire ici) on peut alors voir sa méthode de raisonnement. Voici les quelques citations qui vous aideront à voir son points de vue :

« Au nom du bien-être animal, on a continué à industrialiser, à entasser les animaux, à faire des bâtiments de plus en plus grands comme celui des 1000 vaches (nos articles). Le tout en respectant les normes de bien-être, qui font l’objet de rapports conflictuels entre les sociétés de protection des animaux et les filières industrielles… Et au bénéfice de ces dernières ! Bien que des fonds astronomiques soient investis depuis trente ans dans le bien-être animal, la violence ouverte a fait place à une violence soft et à une totale absence de pitié et de considération pour les animaux. »

Ce qu’explique Jocelyne Porcher ici, c’est que les lois et normes en vigueur obtenues sur plusieurs années par différents groupes (agriculteurs, défenseurs des 10408076_10152377266207511_7922588050623281718_nanimaux, etc.) ont tout bonnement mené au désastre des grandes industries (sur-activité, sur-rendement, mise à mort immorale…). Placer la responsabilité du désastre de l’agriculture sur les gens qui se battent au quotidien pour l’améliorer est un peu comme dire que ce sont les Résistants et les américains qui ont accélérer la mise à mort des juifs. Le problème est, qu’elle pose la responsabilité sur les mauvaises personnes, alors que le problème vient ni plus ni moins de celui qui le créer (les grands industriels, et le mec tout en haut qui tire les ficelles en costard 3 pièces).

« Or, la question à se poser est la suivante : si l’on ne mange plus les animaux, où sont-ils concrètement ? Si l’on ne mange plus de vache, de cochon ou de poule, il n’y aura tout simplement plus de vache, de cochon et de poule. Pour faire de la viande in vitro de poulets, il suffit d’un seul poulet puisque nous sommes dans la reproduction cellulaire. Et ce, même pendant des milliers d’années ! Il restera alors peut-être deux poules et trois cochons dans un parc animalier… À terme, cela signifie la disparition des animaux d’élevage. »

Puis-je lui expliquer alors l’impact qu’ont, malgré eux (!), les animaux d’élevages industriels sur les animaux sauvages ? Aujourd’hui l’élevage industriel est un des facteur les plus responsable sur le désastre écologique, la disparition de centaines d’espèces animale, et représente 80% de l’actuelle déforestation de la forêt amazonienne (voir livre No Steak de Aymeric Caron). Alors quoi ? Si nous ne mangeons plus d’animaux et que donc les élevages industriels n’existent plus, l’impact sera beaucoup moins fort sur les animaux sauvage, pourquoi n’en est-elle pas heureuse ? Ah mais non, ici ce n’est pas des animaux qu’elles s’inquiète, mais bel et bien du métier d’agriculteur. Par contre, je souhaiterai juste ajouter que je ne mange ni de crocodiles ou de singes mais qu’ils existent autre part que dans un parc animalier. Alors oui les animaux dits d’élevage ont besoin des êtres humains pour leur survie, tout comme le chat et le chien…

« Haro sur le baudet est aussi la clameur que poussent certains environnementalistes au nom de la planète et, confondant élevage et productions animales, accusent l’élevage d’être responsable de l’effet de serre, de la pollution des eaux, de la réduction de la biodiversité. N’en jetez plus! »

1609615_10152369049097511_3534833147624474969_nCe n’est pas les défenseurs des animaux qui confondent élevages et productions animales mais le consommateur. Les activistes vegan se battent contre ces industries pour les raisons que tout le monde connait et les élevages pratiquant des formes de souffrances sur les animaux, pas contre son impact sur l’effet de serre. Le vegan est assez intelligent pour connaitre les différents impacts écologique entre une ferme dans le jura et une industrie de 6000 porcs. Si si Mme Porcher ils peuvent, je vous assure.

« Pour les vegan, c’est différent : ils prétendent aimer les animaux et se lavent les mains de la dette que nous avons envers eux. Mais c’est un paradoxe incroyable, une impossibilité impensée ! Car ce qui fait le lien, c’est le don et la dette. … Les éleveurs disent d’ailleurs qu’ils doivent beaucoup aux animaux : nous donnons aux animaux, ils nous redonnent, nous leur redonnons… Or, les vegan, au nom de la justice et de la morale, ne veulent rien des animaux, ne rien leur donner, ni ne rien leur devoir. C’est une aporie. Ce système de pensée sort les animaux du lien social, et conduit in fine à rompre complètement avec les animaux. »

10662224_10152499469551872_5350770474474013220_oLà, c’est l’apothéose. Mme Porcher en devient insultante. Le vegan souhaiterait, en vain, rompre les liens avec le monde animal. Non. Le vegan souhaite rompre les chaines qui pèsent sur le monde animal et vivre en communauté et en harmonie avec. Je n’arrive pas à comprendre par quel cheminement Mme Porcher à pu en arriver à cette conclusion. Elle en arrive au fait qu’un éleveur à plus de lien avec les animaux qu’un vegan. Dans l’absolu oui ! Car il en côtoie chaque jour. Mais ca ne fait pas d’un présentateur télé quelqu’un de plus sociable et plus philanthrope car il traite avec l’humain quotidiennement ! J’ai l’impression que Mme Porcher imagine qu’un vegan et un jeune bobo parisien vivant dans un appartement n’a en fait jamais vu ou ne s’est jamais occupé d’un animal. Sait-elle que de nombreux éleveurs se sont reconvertis voire devenu végétarien du fait qu’ils ne pouvaient plus supporter voir partir leurs animaux à l’abattoir ? Pourquoi changent t-ils de bord Mme Porcher ? Il n’y a pas uniquement une relation véridique entre l’homme et l’animal si celle ci passe par la mort…

« Rendre l’élevage obsolète. Voilà à quoi s’affairent les start-up alimentaires et les prétendus défenseurs des animaux, prosélytes de l’alimentation vegan. »

Non Mme Porcher, notre but premier est déjà de sensibiliser les gens au bien-être des animaux et de stopper la sur-consommation de viande, avant de veganiser la planète. Ce qu’avance Mme Porcher est juste un stéréotype décomplexé du non-mangeur de viande… Bientôt elle va dire que les vegan ne sont que des hippies au chômage avec des guitares et des joins.

« La charge destructrice des multinationales, alliée à la puissance publique et à la consternante naïveté des « défenseurs » des animaux, sonne comme un hallali. Les éleveurs et leurs animaux ne peuvent résister seuls. La relation aux animaux domestiques qu’ils défendent, c’est notre vie tout entière avec les animaux. Après l’exclusion de la vache, viendra celle de votre chien, remplacé par un robot supposé tout aussi capable d’exprimer des émotions et de ressentir les vôtres. Après l’exclusion de la vache et du chien, viendra la nôtre. Et cette exclusion-là est également déjà bien avancée. »

Et voici sa conclusion de l’article. Bien sur, je souhaite remplacer mon doux chat Gudule par un robot chat. Consternant.

10339681_10152338313082511_2642433212278400983_nLe truc, c’est que je comprends sa démarche et son combat. Elle pense que les petits éleveurs et paysans sont massacrés et voués à la non-existence. Mais alors pourquoi mettre ça, entre autre, sur le dos des défenseurs des animaux ? Quand des actions sont menés de la part de L214 par exemple, celles-ci sont menées sur de grands groupes et non pas sur le paysan du coin. Notre but n’est pas de tuer à petit feu les exploitants de ferme, quand bien même ces gens pourraient se mettre à cultiver des carottes, mais de responsabiliser les gens face à leur consommation et les rendre plus éthique. Le fait de ne pas vouloir manger des animaux est un choix personnel qui revient à chacun. La plupart des vege ou vegan mènent ce combat en silence sans trop faire de vague. La cible que vise Mme Porcher est ni plus ni moins que la mauvaise…

 

Si vous souhaitez poursuivre, je vous invite à regarder la vidéo qui suit. Mme Porcher critique les végétariens ou vegan (mots qu’elle n’arrive soi-disant pas à prononcer) avec une telle arrogance et mépris qu’on en croirait de la comédie. Elle traite les vegan comme un industriel traiterait avec un petit éleveur : sans respect et sans empathie (et sans arguments bien sur). Vidéo à voir ici.

 

A bientôt sur We Are Vege !

 

 

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4 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Tom dit :

    Tout le monde s’en prend aux vegans aujourd’hui, ca devient énervant, il faut vraiment être peu ouvert d’esprit pour parler comme elle ^^

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    1. We Are Vege dit :

      Bonjour Tom. Comme tu le dis, ce genre de réaction ne fait tellement pas naturelle que l’on pourrait se demander si elle n’est pas encouragée par quelqu’un derrière…

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  2. Hello!
    Juste ce petit commentaire pour te dire merci pour ton blog que je trouve vraiment très sympa!
    Un gros merci parce que cela représente un gros travail! Il est très agréable à lire, et surtout sa simplicité, ton ouverture d’esprit et l’objectif que tu as placé dans ton blog m’ont touché.
    Voilà! ^_^

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    1. We Are Vege dit :

      Bonjour Cedryck,
      Merci beaucoup pour ton commentaire ! Cela donne envie de continuer 😉 ! A bientôt !

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